
Vous détenez un plan épargne logement ou envisagez d’en ouvrir un pour constituer un apport immobilier. Avant de vous engager, une question revient systématiquement : les intérêts que vous accumulez seront-ils imposés, et à quel niveau ? La réponse dépend de deux critères déterminants — la date d’ouverture de votre plan et votre résidence fiscale — et d’une distinction que beaucoup d’épargnants négligent entre impôt sur le revenu et prélèvements sociaux.
Réponse directe : Les intérêts d’un PEL ouvert avant 2018 sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant les douze premières années, mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 % dès la première année. Pour un PEL ouvert depuis le 1er janvier 2018, l’impôt sur le revenu s’applique dès les premiers intérêts perçus, au taux de 12,8 %.
Ce que vous devez retenir avant de poursuivre
- L’exonération d’impôt sur le revenu ne concerne que les PEL ouverts avant 2018 et pendant 12 ans maximum.
- Les prélèvements sociaux de 17,2 % sont dus dans tous les cas, quelle que soit la date d’ouverture.
- Au-delà de 12 ans, les intérêts des anciens PEL deviennent imposables au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %.
- Les non-résidents fiscaux bénéficient d’un traitement spécifique, sans prélèvements sociaux en France.
Le PEL est-il imposable ? Le principe en résumé
La fiscalité du plan épargne logement repose sur deux couches de ponction distinctes que vous devez absolument différencier. La première est l’impôt sur le revenu, qui frappe les intérêts selon l’ancienneté de votre plan et la date à laquelle vous l’avez ouvert. La seconde regroupe les prélèvements sociaux, dus systématiquement sur les produits d’épargne non réglementée, PEL inclus.
Concrètement, un PEL n’est pas un livret défiscalisé comme le Livret A ou le LDDS. Même dans le scénario le plus favorable — un plan ouvert avant 2018 et détenu depuis moins de 12 ans —, les prélèvements sociaux s’appliquent chaque année sur les intérêts acquis. L’exonération porte uniquement sur la partie impôt sur le revenu, ce qui réduit le rendement net par rapport au taux brut affiché.
Ne confondez pas exonération et absence totale de ponction : un PEL exonéré d’impôt sur le revenu subit tout de même les prélèvements sociaux de 17,2 %, prélevés par l’établissement bancaire au moment du versement des intérêts ou à la clôture du plan.
La fiscalité du PEL change-t-elle selon la date d’ouverture ?
Le traitement fiscal de votre plan dépend d’abord du calendrier. La réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2018 a modifié en profondeur la taxation des intérêts, créant deux régimes distincts qui coexistent encore aujourd’hui selon l’ancienneté de votre contrat.
PEL ouvert avant le 1er janvier 2018
Si votre plan a été ouvert avant le 31 décembre 2017, les intérêts qu’il génère sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant les douze premières années. Cette exonération court à partir de la date d’ouverture du plan, et non de chaque versement individuel. En revanche, les prélèvements sociaux restent dus chaque année sur les intérêts capitalisés, comme le confirme la fiscalité des intérêts du PEL selon la DGFiP.
PEL ouvert depuis le 1er janvier 2018
Pour tout plan ouvert à compter du 1er janvier 2018, la donne change radicalement : les intérêts sont imposables à l’impôt sur le revenu dès la première année, au taux de 12,8 % sous forme d’acompte non libératoire. La prime d’État, qui existait encore pour les anciens PEL sous conditions, a par ailleurs été supprimée pour les nouveaux contrats. Le plan conserve son utilité comme outil d’épargne sécurisée et comme levier pour obtenir un prêt immobilier, mais son avantage fiscal s’est considérablement réduit.
Le plan épargne logement permet de constituer un apport progressif, dans la limite du plafond du PEL fixé à 61 200 €, avec un taux de rémunération brut de 2 % pour les plans ouverts depuis le 1er janvier 2024.
| Critère | PEL ouvert avant 2018 | PEL ouvert depuis 2018 |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu (0 à 12 ans) | Exonération | 12,8 % (acompte) |
| Impôt sur le revenu (après 12 ans) | 12,8 % ou barème progressif | 12,8 % ou barème progressif |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % dès la 1re année | 17,2 % dès la 1re année |
| Prime d’État | Oui, sous conditions | Supprimée |

Les prélèvements sociaux s’appliquent-ils même pendant l’exonération ?
Oui, et c’est le point qui surprend le plus souvent les épargnants. Les prélèvements sociaux, actuellement fixés à 17,2 %, s’appliquent aux intérêts du PEL quelle que soit la période de détention et quelle que soit votre situation vis-à-vis de l’impôt sur le revenu. Même si vous n’êtes pas imposable, ces prélèvements restent dus, comme le précise l’Institut pour l’Éducation Financière du Public.
La raison est simple : le PEL ne fait pas partie des livrets d’épargne réglementée exonérés de prélèvements sociaux. Seuls le Livret A, le LEP, le Livret Jeune et le LDDS échappent à cette ponction. Votre plan épargne logement, bien qu’encadré par l’État, relève de la catégorie des produits d’épargne soumis aux contributions sociales (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité).
En pratique, l’établissement bancaire prélève ces 17,2 % directement sur les intérêts lors de leur inscription en compte ou au moment de la clôture du plan. Vous n’avez aucune démarche supplémentaire à effectuer, mais vous devez intégrer cette ponction dans votre calcul de rendement réel.
17,2%
Taux des prélèvements sociaux applicables aux intérêts du PEL, quelle que soit la date d’ouverture du plan.
Quelle imposition des intérêts du PEL au-delà de 12 ans ?
Pour les PEL ouverts avant 2018, l’exonération d’impôt sur le revenu prend fin au terme de la douzième année de détention. À partir de ce seuil, les intérêts générés chaque année deviennent imposables au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 12,8 %, auquel s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. La ponction totale atteint donc 30 % sur les intérêts produits après 12 ans.
Vous disposez toutefois d’une option : demander que ces intérêts soient imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt qu’au PFU. Cette option peut s’avérer intéressante si votre tranche marginale d’imposition est inférieure à 12,8 %, par exemple si vous êtes non imposable ou dans la tranche à 11 %. Dans ce cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus en complément, mais la fraction d’impôt sur le revenu diminue.
Pour les PEL ouverts depuis 2018, la question du seuil de 12 ans ne se pose pas de la même manière puisque les intérêts sont déjà imposés dès la première année. Le taux de 12,8 % s’applique de façon continue, et l’option pour le barème progressif reste disponible lors de votre déclaration de revenus.
Clôture anticipée avant 4 ans : si vous fermez votre PEL avant son quatrième anniversaire, vous perdez le taux préférentiel du plan. Les intérêts sont alors recalculés au taux du compte épargne logement (CEL) en vigueur, et la fiscalité applicable suit les mêmes règles que celles de votre date d’ouverture.
Comment est taxé un PEL pour un non-résident fiscal ?
Si vous résidez fiscalement hors de France, le traitement de votre PEL diffère sensiblement de celui d’un résident. Bonne nouvelle pour les expatriés : les revenus de capitaux mobiliers perçus par les non-résidents fiscaux, y compris les intérêts du PEL, ne sont pas soumis aux prélèvements sociaux en France, conformément à l’article 125 A III du Code général des impôts. Cette exonération de prélèvements sociaux représente un avantage significatif par rapport au régime des résidents.
Les intérêts du PEL sont également exonérés d’impôt sur le revenu en France pour les non-résidents, comme le détaille l’ASFE sur la fiscalité de l’épargne des non-résidents. Vous pouvez donc conserver votre plan ouvert après un départ à l’étranger sans subir la double ponction qui s’applique aux résidents fiscaux français.
Exception importante pour les résidents d’un État non coopératif : si votre domicile fiscal se situe dans un État ou territoire non coopératif (ETNC), les intérêts de votre PEL sont taxés en France à un taux majoré de 75 %. Vérifiez la liste actualisée des ETNC auprès de l’administration fiscale avant tout départ.
Attention toutefois : l’exonération en France ne signifie pas nécessairement une absence totale d’imposition. Votre pays de résidence fiscale peut prévoir sa propre taxation sur les revenus d’épargne de source étrangère. Renseignez-vous sur la convention fiscale applicable entre la France et votre pays d’accueil pour éviter toute mauvaise surprise.

Quel rendement net reste-t-il après fiscalité ?
Pour évaluer l’intérêt réel de votre PEL, il faut raisonner en rendement net et non en taux brut affiché. Prenons l’exemple d’un PEL ouvert depuis 2018, rémunéré au taux brut de 2 %. Sur 1 000 € d’intérêts générés, les prélèvements sociaux de 17,2 % retirent 172 €, et l’acompte d’impôt sur le revenu de 12,8 % prélève 128 € supplémentaires. Il vous reste 700 € nets, soit un rendement net de 1,4 % avant régularisation éventuelle au barème progressif.
Pour un PEL ouvert avant 2018 et détenu depuis moins de 12 ans, la situation est plus favorable : seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent. Sur 1 000 € d’intérêts, il vous reste 828 € nets, soit un rendement net de 1,65 %. L’écart avec le taux brut reste significatif et mérite d’être pris en compte dans vos arbitrages d’épargne.
Cas pratique
Imaginons un épargnant ayant ouvert un PEL en 2015 avec un taux brut de 2 %. Au bout de 10 ans, il a accumulé environ 5 000 € d’intérêts. Pendant cette période, les prélèvements sociaux de 17,2 % ont été appliqués chaque année, soit environ 860 € au total. L’impôt sur le revenu reste à 0 € tant que le plan n’atteint pas 12 ans. À la douzième année, s’il conserve son plan, les nouveaux intérêts seront taxés à 30 % (PFU + prélèvements sociaux). Il a donc intérêt à évaluer s’il souhaite clôturer son plan avant ce seuil ou basculer vers un autre support d’épargne.
L’optimisation de votre épargne immobilière ne se limite pas au choix du placement. Une fois votre acquisition réalisée, d’autres postes de dépenses entrent en jeu, notamment la protection de votre bien via une assurance habitation, dont le coût doit également être anticipé dans votre budget global.
Pour aller plus loin dans la construction de votre projet et évaluer l’ensemble des postes de financement, vous pouvez consulter ce guide pour plan de financement immobilier.
Information générale : cet article présente les règles fiscales en vigueur à titre informatif. La fiscalité de l’épargne évolue régulièrement et dépend de votre situation personnelle. Pour toute décision patrimoniale, rapprochez-vous d’un conseiller fiscal ou de votre établissement bancaire.
Puis-je clôturer mon PEL avant 4 ans sans impact fiscal ?
La clôture avant 4 ans n’entraîne pas de fiscalité supplémentaire en tant que telle, mais elle provoque la perte du taux préférentiel du PEL. Les intérêts sont recalculés au taux du CEL en vigueur, généralement inférieur. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les intérêts effectivement versés, et l’impôt sur le revenu s’applique selon les règles liées à la date d’ouverture de votre plan.
Les intérêts du PEL sont-ils déclarés chaque année ?
Pour les PEL ouverts depuis 2018, les intérêts sont imposés chaque année et font l’objet d’un acompte de 12,8 % prélevé à la source. Ils sont ensuite reportés sur votre déclaration de revenus pour régularisation. Pour les PEL ouverts avant 2018 et âgés de moins de 12 ans, les intérêts exonérés d’impôt sur le revenu n’ont pas à être déclarés au titre de l’IR, mais les prélèvements sociaux sont automatiquement retenus par la banque.
Le taux de 2 % du PEL est-il un taux net ou brut ?
Le taux de 2 % affiché pour les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2024 est un taux brut. Pour obtenir le rendement net, vous devez déduire les prélèvements sociaux de 17,2 % et, pour les plans ouverts depuis 2018, l’impôt sur le revenu de 12,8 %. Le rendement net effectif s’établit donc autour de 1,4 % à 1,65 % selon la date d’ouverture de votre plan.
La fiscalité du PEL n’est pas uniforme et ne se résume pas à une simple exonération. En distinguant clairement impôt sur le revenu et prélèvements sociaux, et en identifiant le régime applicable à votre plan selon sa date d’ouverture, vous pouvez calculer le rendement net réel de votre épargne et prendre vos décisions en toute connaissance de cause. Avant toute clôture ou tout arbitrage, vérifiez l’ancienneté exacte de votre plan et, si nécessaire, faites-vous accompagner par un professionnel pour optimiser votre stratégie en fonction de votre projet immobilier.